Incendies de forêt canadiens et smog à New York : Utiliser la télédétection pour découvrir des informations climatiques exploitables
Les capacités de télédétection de Floodlight fournissent des informations précieuses sur les risques et les impacts des événements liés au climat, comme les récents incendies de forêt canadiens et le smog qui en résulte à New York.

Si vous étiez en ligne en juin dernier, vous avez probablement rencontré des images d'une ville de New York chargée de smog – ciels jaunes, obscurité artificielle et rues vides peignant un décor dystopique pour la ville typiquement vibrante.
Les impacts négatifs du changement climatique sont plus apparents et existentiellement préoccupants que jamais. Le smog à New York et, plus critique encore, les incendies de forêt qui l'ont causé sont des exemples des événements liés au climat de plus en plus fréquents et graves qui se produisent à travers le monde. Bien qu'ils ne représentent que la pointe de l'iceberg, ils offrent également un exemple tangible à partir duquel nous pouvons fournir des informations sur la préparation et la résilience face au changement climatique.
Un mois plus tôt, à 500 miles au nord de New York, au Québec, de violents orages ont traversé la province canadienne touchée par la sécheresse, lançant des éclairs sur de vastes étendues de la végétation privée d'eau de la région et l'enflammant. En peu de temps, ce qui avait commencé par des braises s'est transformé en d'énormes incendies de forêt qui ont rapidement ravagé le pays. Selon un communiqué de presse de la NASA, les incendies ont brûlé 600 miles carrés de forêt d'ici le 5 juin – la quantité moyenne sur une telle période n'est que d'un seul mile carré.1 Bien que sans précédent, le signe était là des mois auparavant à la fin de l'hiver.
Les données satellites révèlent de nombreux précurseurs qui ont conduit à 2023 devenant une année aussi extrême pour les incendies de forêt. Dérivé d'images optiques, l'indice de différence normalisée d'humidité (NDMI) fournit un aperçu de la sécheresse qui a attisé les flammes. Le NDMI est un indicateur de la façon dont la végétation stressée par l'eau est due au manque de précipitations. L'image de gauche de la Figure 1 se concentre sur la région d'intérêt (ROI) au Québec qui a connu la sécheresse. L'image de droite, zoome sur la ROI avec une visualisation du NDMI au début de mai, mettant en évidence des zones anormalement sèches en rouge foncé ; des caractéristiques d'eau en rouge clair, et illustrant une végétation saine avec des nuances de vert plus foncé. Comme il est évident, il y a un certain chevauchement entre les pixels brûlés (Figure 2) et les pixels secs, suggérant une connexion entre la végétation privée d'eau et la propagation des incendies de forêt. Il est important de noter, cependant, que le NDMI n'est pas le seul prédicteur d'un incendie car il y a des zones brûlées même là où le NDMI n'est pas anormalement sec. Cependant, la sécheresse rend plus probable qu'un incendie se déclenche, augmentant également potentiellement le taux de propagation dans certaines conditions.

Au-delà de la Figure 1 (RHS), la télédétection révèle également l'étendue de la zone brûlée, ainsi que la gravité des dommages, via un indice connu sous le nom de ratio brûlé normalisé (NBR). Ci-dessous, la Figure 2 se concentre sur le même échantillon de la ROI, mettant en évidence les pixels de terre brûlée en rouge, établissant à nouveau le lien entre la sécheresse et les incendies de forêt. À noter, il faut mentionner que l'échantillon n'est pas le seul endroit où les incendies de forêt se sont produits et que la contrainte de temps de cette analyse est uniquement axée sur le mois de mai.

Enfin, les données satellites s'avèrent également essentielles pour comprendre les impacts prolongés des incendies de forêt – comme le smog à New York. L'indice d'aérosols absorbants (AAI), par exemple, utilise des données satellites pour montrer la présence d'aérosols qui absorbent la lumière dans le spectre UV, y compris la fumée. Lorsque l'indice est négatif, des aérosols comme la fumée ne sont pas présents, et lorsqu'il est positif, de tels aérosols sont présents. La Figure 3 est le résultat de cette analyse, utilisant des données de Sentinel-5p pour révéler la nature du smog qui a frappé New York en juin. La valeur extrêmement élevée du 7 juin 2023, à NYC, correspond aux ciels jaunes apocalyptiques qui se sont abattus sur la ville.

Les données de cette analyse ne sont pas seulement importantes pour comprendre l'événement qui s'est produit, mais fournissent des enseignements précieux pour se préparer à de futurs événements similaires. Le NDMI peut servir d'outil précieux que les décideurs peuvent utiliser pour identifier les zones à haut risque d'incendies de forêt, les équipant de données opportunes qui couvrent d'énormes étendues spatiales. De plus, les décideurs peuvent utiliser le NBR pour estimer les impacts sur la biodiversité dus aux pertes forestières, permettant la quantification des émissions de carbone et l'impact sur le climat. Au-delà de cela, le NBR est un outil utile pour les efforts de reforestation, fournissant une compréhension de quand une zone a été affectée par le feu pour informer le timing et l'échelle des projets de restauration forestière. Enfin, l'AAI est une partie essentielle pour démontrer le risque que les aérosols liés aux incendies de forêt posent sur la santé humaine. Bien qu'il n'ait pas été montré dans cette analyse, d'autres modèles qui montrent le mouvement de la fumée des incendies de forêt peuvent préparer les populations aux impacts potentiels.
En résumé, les technologies de télédétection comme celles employées par Floodlight fournissent des informations précieuses sur les risques et les impacts des événements liés au climat. La mission de Floodlight est d'équiper les parties prenantes des secteurs public et privé de telles informations pour prendre des décisions plus intelligentes liées aux risques climatiques et sanitaires.
Citation :
1. Les incendies de forêt ravagent le Québec.” NASA, NASA, 6 juin 2023